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La vraie richesse des peuples se trouve dans les cabanes de nos grands-parents

9 avril 2010

Les cabanes de nos grands-parents est le nom donné à une expo photo étonnante qui fait parler des anciens de différents coins du monde sur les vraies richesses et les biens communs.

Il s’agit du travail de Nicolas Henry, un photographe qui à travaillé avec Yann Arthus Bertrand sur 6 milliards d’autres.

Joséphine, France, dans son jardin avec les feuilles de son arbre d’Afrique.

Chacune des images est accompagnée d’un texte qui est une interview du grand parent qui est sur la photo. Ces grands parents qui sont nés dans un monde où il n’y avait pas de modernité, nous parlent des changements qu’ils ont vu au cours de leur vie.

« La vraie richesse des peuples » comment peut-on la définir ?

Pour le photographe, 3 éléments majeurs définissent la richesse des peuples:

  • La langue, la culture, les croyances et la mémoire de leur histoire
  • Le savoir-faire local de l’autosuffisance avec la nature et la connaissance de la biodiversité
  • L’entraide et la vie en communauté

Aujourd’hui, nos grands parents sont les gardiens de cette richesse. Des générations entières ont perdus ces savoir et savoir-faire et ne pourront pas les transmettre à leurs enfants.

Christiane et Miki, France, dans le jardin de leur pavillon.

Ce projet parle de ces trois points et de leur perte, mais à travers leur parole qui explique de manière simple au public, pourquoi cette préservation est importante.

Il s’agit donc d’un outil pour « redéfinir la richesse des peuples » aux yeux du public.

Fadimata, Mali, au départ du troupeau dans le désert.

Note d’intention

« Dans le monde où sont nés nos grands parents, une large majorité des générations passait toute leur vie ensemble. Aujourd’hui la transmission de la langue, des histoires et des traditions, ainsi que la connaissance de la nature et de la biodiversité, sont supplantées par les médias et les systèmes d’éducation. Le « savoir-vivre » local est remplacé par un modèle global. La  désillusion d’une majeure partie des milieux urbains est quotidiennement spectatrice d’une réussite qui les a abandonné en chemin. Parallèlement, les milieux ruraux produisent désormais des générations inadaptées à un mode de vie communautaire puisant ses ressources dans son savoir-faire de la nature. L’image des anciens n’est plus synonyme de sagesse et d’autorité, mais souvent reléguée à celle de la solitude et du sourire adressé aux touristes.

Ces différents thèmes sont devenus récurrents à travers les voyages. On peut y ajouter les changements radicaux de la nature. Un modèle individualiste qui entraîne la rupture des liens familiaux. La perte du lien social de la veillé qui amène la solitude avec l’accès généralisé à la télévision. La performance des industries ne permettant plus aux groupes de vivre d’une production commune, on assiste alors à un éclatement des communautés. »

René, France, dans sa véranda avec son violon et ses pots de peinture.

Thomas Henry souhaite donner une image positive des personnes âgées et les faire parler de leurs expérience  afin de valoriser les richesses culturelles « au lieu de faire miroiter les idéaux des modèles médiatiques globalisants« . 

Lorsque j’étais petit, mon grand-père m’a appris à manier le bois, ma grand-mère l’art de coudre. Un jour, presque naturellement, j’ai voulu retrouver avec eux ces jeux d’autrefois, riches de cette transmission, de ces savoir-faire, et une cabane est née. Une parole aussi, entière et spontanée. Alors m’est venue l’idée des « cabanes de nos grands-parents », pour ne pas laisser perdre cette parole, et pour saisir cette forme de liberté que les anciens acquièrent en perdant le sens des vanités.

A travers le monde, devant mon objectif, des papis et des mamies renouent avec les cabanes de leur enfance. Ils transforment un tapis en océan, avec le balancement du rocking chair pour roulis, sous les cris des goélands… Tous sont photographiés chez eux, dans leur univers. On scelle une amitié quand on fait visiter sa maison. On fait entrevoir l’intime. Tous ont bâti une cabane, reflet de leur imaginaire. Ce sont les artistes de leurs propres installations. Avec le temps qui passe, l’homme retrouve la sagesse de l’enfant qui croit en la magie de la création. La place de la cabane et des objets dans notre vie révèle une part du sens poétique ou politique que chacun choisit de transmettre à travers son image.

La parole accompagne chaque photographie comme un conte, une ritournelle, un poème, selon la nature de notre rencontre, et révèle une part de l’univers de nos grands-parents. « Plus on grandit et plus on repense à son enfance, a joliment résumé Pushkar, dans le nord du Rajasthan. C’est l’émanation de l’amour d’où est né le sourire du monde. Mon père disait souvent que dans le ventre de notre mère nous avons la clef du ciel et de la terre, mais qu’à notre naissance, au moment des eaux, un ange vient nous poser un doigt sur la bouche et nous souffle ce mystère.

Nicolas Henry

Wang Xiao, Shanghai, avec sa pelle sur le chantier d’un immeuble.

En somme, ce projet permet « d’encourager la conservation du patrimoine de la connaissance de l’environnement local qui va être la clef de demain pour rebondir et survivre avec la fin de l’air du pétrole et toutes les catastrophes écologiques qu’elle a et va engendrer »…

De quoi prendre de la graine en tout cas, surtout lorsque l’on écoute René nous dire: « La chose la plus importante, c’est d’avoir le courage de tenir ses convictions, de défendre les choses auxquelles on croit, même si elles ne sont ni à la mode, ni populaires. C’est en suivant son sentiment que l’on fait progresser la vie »

Pour les images et la présentation, aller sur le site de Nicolas Henry puis « voir les photos » tout en bas et à droite, hors écran

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3 commentaires leave one →
  1. 9 avril 2010 9:57

    Et puis on dit que quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brule, mais pour rester dans le côté alimentaire, c’est aussi souvent (quand une grand mère meurt) un livre de recettes qui disparait !
    Je regrette de ne plus pouvoir manger les petit plats que mes grand mères me préparaient et que mes parents ne savent plus faire !

  2. 9 avril 2010 11:05

    C’est d’une grande sagesse Neodim (les grand-pères aussi ont leur recette par contre ;D)… et c’est bien triste aussi!

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