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Regard de Freakonomics sur la logique locavore

1 mars 2009

Ce petit article paru sur le célèbre blog Freakonomics le 9 janvier dernier est intéressant car il interroge la logique locavore au regard des émissions de CO2 économisées. Même s’il est critiquable de réduire le comportement des locavores à la lutte contre les émissions de CO2, l’auteur, Stephen J. Dubner y marque un point à mes yeux. Partant en effet du principe que le travail des uns fait le loisir des autres, il cite un article récent paru dans Environmental Science and Technology dans lequel Christopher L. Weber et H. Scott Matthews, les deux auteurs, expliquent que d’un point de vue global, il vaut mieux changer son régime alimentaire en achetant moins de viande rouge et de produits laitiers pour favoriser le poulet, le poisson et les oeufs que de passer à un régime tout local.

We find that although food is transported long distances in general (1640 km delivery and 6760 km life-cycle supply chain on average) the GHG emissions associated with food are dominated by the production phase, contributing 83% of the average U.S. household’s 8.1 t CO2e/yr footprint for food consumption. Transportation as a whole represents only 11% of life-cycle GHG emissions, and final delivery from producer to retail contributes only 4%. Different food groups exhibit a large range in GHG-intensity; on average, red meat is around 150% more GHG-intensive than chicken or fish. Thus, we suggest that dietary shift can be a more effective means of lowering an average household’s food-related climate footprint than “buying local.” Shifting less than one day per week’s worth of calories from red meat and dairy products to chicken, fish, eggs, or a vegetable-based diet achieves more GHG reduction than buying all locally sourced food.

Leur démonstration s’appuie sur le fait que les transports ne représentent pas, d’après eux, la phase la plus polluante du cycle des émissions de CO2 d’un produit. Et ils en concluent qu’il vaut mieux être végétarien que locavore.

Ceci étant, je suis étonnée que ces auteurs ne posent pas la question du reste des émissions émises au cours du cycle d’élaboration de l’aliment? Leur démonstration est-elle effectuée « toutes choses égales par ailleurs » (conditions d’agriculture, usage de pesticides?, condition d’élevage des animaux, provenance des poissons?). Voilà qui soulève encore les limites d’une approche carbone-centrée il me semble… Etre locavore, c’est limiter les émissions de CO2 liées à l’alimentation, certes. Mais c’est aussi beaucoup plus de dimensions que les économistes ne peuvent intégrer dans leurs modèles!

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